Les aides UMP, baromètre de l’utilité politique de ses clubs – Le Figaro 18/01/2009

Article du Figaro du 18/01/2010, par Jim Jarrassé.

les gagnants, les perdants

Chaque année, l’UMP distribue des subventions aux clubs politiques de ses principaux cadres. Mais le parti majoritaire a dû se serrer la ceinture en 2008 et faire des choix parmi les chefs de groupes. Au grand dam de certains.

Avec un déficit d’environ 29 millions d’euros à la fin de l’année 2007, l’UMP a dû serrer son budget. Le parti a notamment été forcé de diminuer les allocations qu’il verse aux clubs politiques qui lui sont liés. Les derniers bilans financiers transmis à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) parlent d’eux-mêmes : entre 2007 et 2008, ces subventions sont passées de 4.511.971 € à 3.423.391 €.

Ces aides financières sont réévaluées chaque année par le secrétaire général Xavier Bertrand et le trésorier Eric Woerth. Le grand argentier de l’UMP a d’ailleurs donné l’exemple en réduisant de 79% les subsides accordés à son association, qui avait reçu 55.000 € en 2007 et n’a touché que 11.250 € en 2008.

Parmi les clubs politiques liés à l’UMP qui ont vu leur financement largement amputé, Le Chêne de Michèle Alliot-Marie. En 2008, le réseau de la ministre de la Justice s’est vu priver de l’intégralité des 95.280 € que l’UMP lui avait accordés en 2007. Idem pour Jean-Pierre Raffarin : le club Dialogue et Initiative du vice-président de l’UMP a perdu un tiers de ses aides (de 150.000 € à 100.000 €).

Mais tous les clubs ne sont pas soumis au même régime. Crise ou pas crise, la majorité sait aussi récompenser ses meilleurs éléments. Les subsides accordés au groupe des Progressistes d’Eric Besson ont ainsi été doublées entre 2007 et 2008, passant de 50.000 à 100.000 €. Idem pour le club France 9 emmené par François Fillon, qui a gagné 20.000 € entre 2007 et 2008. Mais la plus grosse subvention reste celle accordée au Parti radical de Jean-Louis Borloo : 1.000.000 € en 2008, soit une hausse de 21%.

Pour expliquer ces choix, l’UMP assure par la voix de son porte-parole Dominique Paillé qu’il existe des «paramètres objectifs» pour déterminer le montant des aides : «Nombre d’adhérents, nombre de travaux, de propositions fournies à la maison-mère…». Mais concède qu’il convient aussi de «tenir compte de l’aspect d’utilité politique» des courants «notamment en terme électoral». Traduire : les groupes les plus prometteurs pour les échéances électorales à venir doivent être soutenus.

Des déclassements brutaux


A l’UMP, ces disparités de traitement ont provoqué le mécontentement de ceux qui en font les frais. A l’instar de Christine Boutin, dont le Forum des républicains sociaux devenu Parti chrétien-démocrate (PCD) a perdu 17% de ses ressources. Au PCD, on s’étonne d’ailleurs de voir le Nouveau Centre profiter d’une subvention de 200.000 € en 2008. «C’est étrange, car ce n’est pas un parti affilié à l’UMP», note Patrick Rougevin-Bâville, délégué général du PCD qui compte bien obtenir une revalorisation de la subvention. Des négociations entre les deux formations politiques sont actuellement en cours.

Des négociations, Hervé de Charette en a aussi lancées. Avant de passer aux actes : en décembre 2009, le député de Maine-et-Loire, annonçait son départ de l’UMP. S’il n’a jamais fait en public de déclaration sur ce thème, sa défection intervient après une réduction drastique des aides accordées à la Convention démocrate, son club de pensée. Selon Eric Hélard, délégué général de l’association, la subvention s’est effondrée, passant de 600.000 € à 80.000 €. Un chiffre qui ne peut être vérifié dans les comptes de la CNCCFP car la Convention démocrate n’y est plus inscrit en tant que parti politique depuis juin 2003.

«Ca a été très brutal», assure le bras droit d’Hervé de Charette. «Nous avons dû licencier des collaborateurs et abandonner notre local», situé boulevard Saint-Germain, à Paris. De son côté, un cadre de l’UMP parle du club de Charette comme d’un mouvement «médicalement assisté», qui a reçu entre 2002 et 2007 «3 millions d’euros sans rien en faire».

Pour certains clubs politiques de l’UMP, l’avenir s’annonce d’autant plus compliqué qu’Eric Woerth a prévu un nouveau plan de rigueur d’envergure en 2010. Et que l’UMP doit aussi compter avec la baisse de ses adhérents depuis 2007. De 370.000, ils sont passés à 253.645 en 2009. Une donnée importante, lorsque l’on sait que les cotisations plus de 5 millions d’euros en 2008 – représentent 10% des sources de financement du parti.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s