La famille d’abord (la Nouvelle République)

Christine Boutin continue son voyage sur les chemins de Compostelle à la rencontre des maires pour dénoncer le déni de démocratie organisé par le PS et l’UMP et récolter leurs précieux parrainages.

La famille d’abord. C’est le credo de Christine Boutin, la marque de fabrique de cette catholique élevée dans une famille recomposée. Son talon d’Achille en politique. A force d’intransigeance – sur le PACS, le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels, ces prévenances face à l’avortement… – elle s’est privée d’alliance.

Séparée de François Bayrou depuis une décennie, après un bout de chemin main dans la main à l’UDF ; de Nicolas Sarkozy depuis quatre ans, après deux ans de ministère, elle part seule pour la course présidentielle. En politique, ça ne paie pas.
Elle a beau faire du porte-à-porte auprès des mairies qui égrènent le chemin de Compostelle – tout un symbole pour la présidente du Parti chrétien démocrate – elle rame côté parrainages. 173 promesses à deux mois de la date limite. Elle-même n’y croit plus vraiment. Et pourtant, c’est une battante. Sous le regard de faïence des petites Marianne rurales, elle déroule ses idées sans ciller. Même quand elle sait que son interlocuteur n’approuve pas. Femme politique « par conviction » – comme tout le monde – elle n’est pas de celles qui retournent leur veste. Avec l’assurance de ceux qui ont déjà pris des coups, elle répète ses priorités. « Remettre l’humain au cœur du projet politique », la famille surtout, père, mère, enfants, nombreux de préférence ; « un revenu de base tout au long de la vie » ; « une réforme fiscale qui taxe autant le travail que le capital » ; « la suppression du droit du sol » ; la « restauration du service national ». Iconoclaste en 2012.

«  Je comprends que deux hommes puissent s’aimer  »

Épinglée pour son opposition au Pacs, en 1999, insultée même – « un député socialiste dont je ne veux pas me souvenir le nom m’a traitée de Goebbels » – elle n’a pas transigé d’un iota. « Je suis opposée fermement au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels, là dessus, je ne bougerai pas ». Tout en refusant l’image d’homophobe qui lui colle à la peau. « Je suis pour l’égalité des droits, je comprends que deux hommes ou deux femmes puissent s’aimer. » Mais le mariage, la famille, c’est sacré, inamovible. Même, elle voudrait le graver dans le marbre de la Constitution.
Pourtant, on ne réduit pas 35 ans de vie politique à ça. Il y a eu ses mandats locaux dans les Yvelines, ses heures sur les bancs de l’Assemblée nationale, son passage au ministère du Logement, couronné par la loi Boutin, dite DALO. Le droit au logement opposable, c’est elle. Elle aussi qui veut « humaniser les prisons », instaurer un « écart de salaire maximum » dans les entreprises, « maintenir notre tradition d’accueil » pour les exilés, exiger « la traçabilité sociale » des produits importés. Au nom de l’humain.
Parce qu’elle aussi, elle l’est. Avant d’être une femme politique, elle a été une petite fille qui a perdu sa mère à cinq ans, une lycéenne qui « a connu des années difficiles ». Après il y a eu Mitterrand. « L’élément déclencheur ». Le jour de son élection « je faisais partie de ceux qui pensaient que les chars russes allaient débarquer ». Elle n’avait alors « aucune culture politique ». Elle s’en est forgée une, pétrie de religion. Car Christine Boutin est aussi Consulteur du Conseil pontifical pour la famille au Saint-Siège. On ne dit pas « consulteuse », et elle ne se battra pas pour. Même si, après 20 ans dans l’arène, elle se rend finalement compte qu’être une femme – en politique – ce n’est pas tous les jours faciles. Elle n’expliquera pas pourquoi. En politique, on ne s’appesantit pas.
A 67 ans, pour sa seconde – et dernière – campagne présidentielle, elle est« sereine ». Prête à passer le relais à ses ouailles. « Résister, transmettre, construire ». C’est son credo. C’est son programme.

Voir la vidéo sur lanouvellerepublique.fr et lire « une journée en campagne » sur nrblog/presidentielle2012/

le programme

ÉDUCATION. Assouplissement de la carte scolaire, rétablissement de l’autorité et de ses symboles, plus large autonomie aux établissements.
FAMILLE. Définition du mariage comme l’union d’un homme et d’une femme dans la Constitution, points de retraite en fonction du nombre d’enfants, réinstauration du service national.
DIGNITÉ. Prévention de l’avortement, interdiction de l’euthanasie, application de la loi Boutin, réinsertion par le travail après la prison.
ÉCONOMIE. Écart de salaire maximum dans les entreprises, impôt simplifié sur les revenus du travail et du capital, revenu de base pour tous de 400 € par mois, fiscalité plus favorable aux PME.
INSTITUTIONS. Augmenter de 10 % le budget de la justice, septennat non renouvelable,
IMMIGRATION. Suppression de droit du sol, évaluation des besoins selon le travail.
INTERNATIONAL. Préférence communautaire, taxation des opérations boursières, traçabilité sociale des importations.

Mariella Esvant

Retrouvez ici l’intégralité de l’article 

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