«J’aurai des choses à négocier» – Le Télégramme du 27/01/2012

Présidente du Parti démocrate-chrétien, ex-ministre, Christine Boutin espère être en mesure de se présenter à la présidentielle, contrairement à 2007. Dans ce but, elle met en avant le principe démocratique.

Christine Boutin ne ménage pas ses critiques à l'encontre de François Bayrou, alors qu'elle annonçait récemment qu'elle pourrait le soutenir, si elle n'obtenait pas les 500 parrainages. Photo Sébastien Gaudard/La Nouvelle République/PhotoPQROù en êtes-vous dans la recherche des 500 parrainages nécessaires ? 
C’est toujours très difficile. Cela monte un petit peu. J’en ai près de 200, mais je suis encore loin du compte. J’espère que cela va se débloquer. Je continue ma recherche sur le «chemin de Compostelle». Je pars trois jours par semaine et je rencontre les maires.

Que ferez-vous si vous n’obtenez pas les 500 signatures ? 
Je ne peux pas me mettre dans cette hypothèse. Ce n’est pas de la langue de bois, mais l’expression d’une conviction profonde. Si je n’avais pas mes parrainages, ce serait un signe très négatif pour notre pays. La démocratie serait fragilisée. Je suis une candidate de premier tour. Je l’ai toujours dit. Mon objectif est d’obtenir 3% des suffrages. Cela peut paraître peu, mais c’est un objectif réaliste. Il sera très important pour faire la bascule. Si je n’obtiens pas les signatures, ce courant de pensée ne pourra pas s’exprimer. Si en France, berceau de la démocratie qui donne des leçons au monde entier, les minorités ne pouvaient pas s’exprimer, sommes-nous toujours en démocratie?

3 % des voix, cela vous élimine de la course finale. Vers qui souhaitez-vous que vos électeurs se portent au second tour ?
Pour l’instant, je ne le sais pas. Je me situe dans la droite républicaine. Cela donne déjà une orientation. Comme candidate de premier tour, je sais bien que j’aurai un certain nombre de choses à négocier avec une personnalité qui n’est pas encore définie. Cette négociation portera sur plusieurs sujets. D’abord, le partage de la richesse. Nous sommes dans une crise très grave et il va falloir redéfinir nos fondamentaux. Et, pour moi, le fondamental, c’est la personne humaine autour de laquelle la société doit être organisée, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui où la finance et l’argent régissent le monde. Désormais, la personne humaine n’est plus qu’une variable d’ajustement. Voilà pourquoi je souhaite qu’il y ait une réflexion approfondie sur le partage de la richesse. La deuxième exigence, c’est le refus du mariage homosexuel, de l’union civile homosexuelle et de l’adoption homosexuelle. Si le candidat de la droite républicaine qualifié pour le second tour adhère à ces deux propositions, je le soutiendrai. S’il refuse, je ne le soutiendrai pas.

N’êtes-vous pas plus proche de François Bayrou que de tous les autres candidats dans la mesure où le président du MoDem appartient, comme vous, à la famille chrétienne-démocrate ? 
François Bayrou porte la responsabilité d’avoir fait éclater l’UDF. C’est de son fait si, aujourd’hui, ce courant de pensée manque à la vie politique française. Par ailleurs, il est favorable à l’adoption homosexuelle. Donc, à la date d’aujourd’hui, je ne vois pas comment il pourrait y avoir un rapprochement avec lui.

Si vous étiez élue présidente de la République, quelle serait votre première décision ?
Je constituerais un gouvernement restreint dans lequel les femmes auraient une représentation de fond, pas de forme.

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