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Les opposants au « mariage pour tous » veulent se faire entendre

Un article paru ce mardi 23 octobre dans le quotidien La Croix confirme l’élan d’opposition au projet de loi du mariage et de l’adoption pour les couples homosexuels : des psychanalystes, des politiques, des syndicalistes commencent à exprimer leurs réserves sur le projet gouvernemental d’ouvrir le mariage aux personnes homosexuelles.

Alors que l’association « Alliance Vita » appelle à manifester mardi contre l’ouverture du mariage aux personnes homosexuelles dans 75 villes de France,  la parole des opposants au projet gouvernemental se fait entendre de plus en plus fort.

Les opposants au « mariage pour tous » veulent se faire entendre

UNION OU MARIAGE ?

Le président du MoDem, François Bayrou, a même estimé dimanche que le débat sur le mariage pour tous était en train de devenir « explosif ». Il a revendiqué une « solution de sagesse », qu’il avait d’ailleurs défendue pendant la campagne présidentielle. Au cours de l’émission « Tous politiques » sur France Inter, l’ancien député centriste a proposé de réserver le mot « mariage » aux personnes de sexe différent et d’ouvrir une « union » conférant les mêmes droits que le mariage aux personnes homosexuelles.

« Cette position intermédiaire, relève le moraliste Xavier Lacroix, distingue mariage et union civile. Mais elle ne change absolument rien à la principale préoccupation, celle concernant l’ouverture de l’adoption. »

 Ce genre de prise de position est néanmoins « le signe que le débat commence à s’installer et s’impose à ceux qui voulaient passer en force », poursuit Xavier Lacroix. Comme lui, beaucoup voient dans le décalage du calendrier gouvernemental sur le « mariage pour tous » une occasion de faire valoir leurs positions (lire La Croix d’hier).

UNE VOLONTÉ D’ÉCOUTE GOUVERNEMENTALE

« La reculade du gouvernement est la preuve d’une prise de conscience », analyse Hugues Foucault, maire de Bretagne (Indre) et membre du bureau politique du Parti chrétien-démocrate (PCD). En visite dimanche à Rome pour la canonisation du P. Jacques Berthieu, le ministre de l’intérieur Manuel Valls a manifesté une volonté d’écouter les opposants au texte. « Un débat aura lieu. Toutes les voix politiques, philosophiques, religieuses se feront entendre », a-t-il promis.

Comme le note la psychanalyste Sophie Marinopoulos, ce débat se déplace peu à peu du mariage à la filiation. Pour cette clinicienne, ce qui pose problème, c’est « la manière dont le respect de la filiation s’inscrit dans la différence des sexes ». Selon elle, « la période de l’attaque personnelle », qui « revient à traiter toute personne critique d’homophobe ou de réac », est passée et les arguments des uns et des autres commencent à trouver un écho.

 Son confrère Pierre Lévy-Soussan fait le même constat. « Plus on en parlera et plus les Français prendront conscience des bouleversements introduits par cette réforme en matière de filiation », explique ce pédopsychiatre, spécialiste de l’adoption.

 UNE BAISSE DES AVIS FAVORABLES

Les derniers sondages semblent leur donner raison. Une enquête menée par l’institut LH2 pour Le Nouvel Observateur , publiée la semaine dernière, montre que 58 % des Français sont favorables au mariage homosexuel et 48 % à l’adoption. Une baisse, comparée à de précédentes enquêtes : en août, 65 % des Français approuvaient l’ouverture du mariage aux personnes homosexuelles, selon un sondage Ifop.

La Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) a pour sa part rendu, jeudi dernier, un avis défavorable sur le projet de loi. L’instance a dénoncé « une remise en cause de la famille et de la société française ». « Nous avons eu un débat en profondeur et une prise de conscience des enjeux de ce texte », explique le président de cette instance, Jean-Louis Deroussen. Ont notamment été évoquées les conséquences financières d’un tel changement, notamment sur les congés de paternité ou sur les pensions de réversion, ainsi que les conséquences de la possible disparition des mots de « père » et « mère » dans le livret de famille.

« MANIFESTER N’EST PAS UN TABOU »,  SELON L’ÉPISCOPAT

L’Assemblée plénière des évêques, du 3 au 8 novembre, sera l’occasion de faire entendre leur opposition au projet de loi sur le « mariage pour tous ». Mgr Bernard Podvin, porte-parole de l’épiscopat, a ainsi noté hier que le discours inaugural du cardinal André Vingt-Trois « devrait avoir une tonalité politique forte ». Les évêques pourraient envisager des actions concrètes de mobilisation contre le projet, y compris la participation à des manifestations : « Manifester n’est pas un tabou », a-t-il dit. Jusqu’ici, la Conférence des évêques s’est gardée de prendre position par rapport aux manifestations organisées contre le projet.

LOUP BESMOND DE SENNEVILLE

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